Tāpas : chaleur et discipline en yoga

Tāpas, la chaleur intérieure, est l’un des grands moteurs de la pratique de l’Ashtanga Yoga. Elle naît du Vinyāsa, de la respiration, de l’effort juste et de la régularité. Cette News Letter éclaire le lien entre feu, transformation et discipline, sans réduire la pratique à une performance physique.

Tāpas : le feu qui transforme la pratique

Cette « News Letter » n° 5, a été écrite en octobre 2012 à Athènes – Grèce

La chaleur (tāpas – तपस), chemin vers la plénitude…

INDE, janvier 2009, Mahabalipuram 030a «Oh yoguin, ne pratique pas le Yoga sans vinyāsa, qui produit tāpas…»
Vāmana Ṛṣi (devanāgarī : वामन ऋषि), Yoga Korunta 

Dans la pratique de l’Ashtanga yoga, on accorde beaucoup d’importance à la chaleur interne, développée par la Sādhanā (साधना) « le feu qui mène au ciel », le feu intérieur, celui de l’ascèse. Etymologiquement, il est intéressant de se rappeler que l’une des origines du mot Yoga, que l’on trouve dans les Véda(s), désigne celui qui est en relation avec le feu du sacrifice, c’est-à-dire l‘officiant le « Rishi » (ṛṣi ऋषि) , celui qui voit, car il relie, « yug », les forces telluriques de la terre et les forces cosmiques du ciel.

Le feu du sacrifice : Tāpas तपस
Etymologiquement, « tāpas » désigne la chaleur, l’ardeur, le feu intérieur, l’action de cuire.

Le Yoguin s’échauffe dans l’ivresse du « vinyāsa » (िन्यास), et c’est le « vinyāsa » qui produit la chaleur intérieure (tapas) par l’exercice appelé Sūrya   Namaskar (सूर्य नमस्कार – la salutation au Soleil). Le terme « tāpas » désigne alors toute activité ascétique car elle est, au fond, synonyme de contrôle et de maîtrise de l’énergie vitale, appelée énergie essentielle.

« Tāpas » désigne dans le RigVéda, la force créatrice s’exerçant sur le matériel et le spirituel. Dans le célèbre hymne cosmogonique, il est dit que :

« L’Un prit naissance par le pouvoir de la chaleur »  
Rig Véda (10129)

Dans les Brāhmaṇa(s) (ब्राह्मण – VIIIème siècle avant le J.C.), l’Esprit, «manas», s’échauffe, «tāpasya», pour créer L’Homme Cosmique, Prajāpati (प्रजापति), qui s’échauffe encore, afin de se multiplier.

« Du tāpas flamboyant  naquirent l’ordre et la Vérité « .
RigVéda

Le point commun de toutes ces images, c’est la notion de chaleur. Chaleur se dit en sanskrit «tapas» au sens double de chaleur physique et d’ardeur ou effort ascétique.

Le tāpas fait partie du rituel d’initiation monastique sannyāsa dīkshā. Ce rite de consécration incluait une méditation dans le silence auprès du feu sacrificiel, un temps de jeûne sur une période d’un jour à un an. Cette Sādhanā (साधना) se pratique dans une hutte (kutir), symbole de la matrice qui fait du retraitant, en sortant de la hutte, un homme renaissant, régénéré.

L’idée sous-jacente à tout cela est que la chaleur est créatrice. Dans le yoga, l’accent est mis sur la volonté, l’effort et la discipline. Il n’y a pas d’évolution possible sans ces qualités fondamentales. L’effort produit une chaleur nommée « tapas », qui désigne l’effort ascétique en général.

Certains mythes illustrent cette vérité.

« Au commencement le Non-être se fit esprit et s’échauffa,
donnant naissance à la fumée, à la lumière et au feu,
et finalement à Prajāpati qui créa le monde en s’échauffant
à un degré extrême par l’ascèse qui provoqua   une forte sudation. »

(Taittiriya Brahmana. II,2,9,1610)

Pour Patañjali (पतञ्जलि), auteur des Yoga Sūtra, appelé aussi Rāja Yoga, le yoga est une technique d’ascèse, de contemplation et de concentration ayant pour but de libérer l’ātman, le Soi dont l’homme est la prison.

Dans la Bhagavad Gītā (भगवद्गीता), c’est une façon d’obtenir l’union mystique. Le yoga est une pratique qui a pour but d’éveiller un feu interne visant à transformer (par la cuisson de tapas) la personnalité et purifier la conscience.

Si bien que dans certaines formes de yoga, on en est venu à estimer le degré d’avancement du yoguin sur le chemin du yoga à l’intensité de la chaleur qu’il développe par l’exercice du tapas. Au Tibet, en Mongolie et en Sibérie, on estimait le degré de préparation d’un disciple d’après sa capacité à sécher, à même son corps nu et en pleine neige, un grand nombre de draps trempés dans de l’eau durant une nuit d’hiver. Cette chaleur intérieure porte en tibétain le nom de gtum-mö (promoncer: tum-mö).

Si l’apprentissage de l’Ashtanga Yoga est correct, le débutant va obtenir une transpiration intense avec sa pratique.

Om Shanti,

JC Garnier

Conclusion

Tāpas rappelle que la chaleur du yoga est une force de transformation. Lorsqu’elle reste juste, progressive et reliée au souffle, elle éclaire la discipline sans l’endurcir.

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un art éphémère, qui est transmis de mère en fille, aussi appelé, Kolam, ariponas, alponas suivant les différentes régions de l''Inde.

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