Mūla Bandha est l’un des fondements discrets mais essentiels de la pratique posturale en Ashtanga Yoga. Situé à la base du corps, il organise le plancher pelvien, soutient la posture et participe à la stabilité intérieure du pratiquant. Plus qu’une contraction mécanique, il demande attention, finesse et régularité.
Le premier contrôle : Mūla
Dans la tradition du Yoga, il y a plusieurs positionnements musculaires (Bandha).
Le premier contrôle est « Mūla », le plancher pelvien, la base.
- à la fin de l’expiration, (quand vous êtes complètement à vide)
- vous montez le sphincter anal, (pas nécessaire de le contracter)
- Ce positionnement va entraîner la rentrée du bas du ventre
Quelle que soit la posture, le Mūla bandha produit l’énergie nécessaire pour une base posturale ferme.
Mūla Bandha est maintenu pendant toute la durée de la séance posturale.
Une question d’attention et de temps
En soi, Il n’est vraiment pas difficile de maîtriser Mūla bandha, c’est simplement une question d’attention, de concentration et de temps.
Sri K. Pattabhi Jois considérait qu’il fallait environ 5 ans pour le maîtriser complètement.
Ce temps d’apprentissage est important. Il indique que Mūla Bandha ne se réduit pas à un geste volontaire répété rapidement. Il s’affine par la pratique, avec la respiration, dans les postures et dans les transitions. Le pratiquant apprend progressivement à sentir la base du corps sans rigidité.
Mūla Bandha et Uḍḍiyāna
Le deuxième contrôle est « Uḍḍiyāna », le ballon abdominal. (Voir page)
L’ensemble « Mūla Bandha & Uḍḍiyāna » représente un système de sécurité protégeant le corps grâce à son action sur les fascias inférieurs du corps (tension réciproque des fascias droits et gauches).
Cet ensemble participe au contrôle de l’énergie dans le corps (Prāṇa)
Il ne suffit pas de serrer l’anus et de remonter cette sensation vers le centre de l’abdomen comme certaines personnes le pensent à tort pour que pour Mūla Bandha, soit présent. Non, ce serait trop simple…
Comprendre sans forcer
Dans la pratique, la difficulté consiste à rester précis sans devenir dur. Mūla Bandha soutient le corps, mais il ne doit pas bloquer le souffle. Il accompagne l’expiration, stabilise le bassin et prépare le mouvement suivant. C’est une présence intérieure plus qu’un effort visible.
Cette qualité est particulièrement importante dans l’Ashtanga Yoga, où le rythme peut devenir intense. Grâce à Mūla Bandha, la série garde son axe. Le pratiquant peut avancer avec plus de sécurité, de stabilité et de concentration.
Conclusion
Mūla Bandha demande de la patience. En l’intégrant progressivement, le pratiquant découvre une base plus ferme, une respiration plus consciente et une pratique plus unifiée.






