- L’essence d’Ujjāyī : Signifie « victorieux ». Cette respiration repose sur le contrôle de la zone laryngée appelée Jālandhara. Un resserrement partiel de la glotte régule la pression des poumons et produit un son doux similaire au souffle de l’océan, guidant l’attention sans la disperser.
- Le mécanisme anatomique : La fermeture partielle de la glotte est activée par les muscles crico-aryténoïdiens latéraux (qui font pivoter les cartilages) associés aux aryténoïdiens transverses et obliques (qui rapprochent les cordes vocales). Ce frein anatomique régule le débit d’air et génère une chaleur interne.
Les trois approches du souffle
- Respiration de pleine conscience (Passive) : Vous observez le souffle naturel tel qu’il est, sans aucune modification. L’objectif est l’ancrage immédiat dans l’instant présent et l’apaisement mental.
- Respiration Ujjāyī (Active en mouvement) : Vous contrôlez et égalisez la durée de l’inspiration et de l’expiration à l’aide du frein laryngé (Jālandhara). Utilisée pendant la pratique posturale (āsanas), elle stabilise le mental, génère de la chaleur et protège le corps pendant l’effort.
- Ujjāyī Prāṇāyāma (Discipline immobile) : Une science yogique avancée pratiquée en assise immobile (souvent isolée des postures). Elle utilise des ratios mathématiques précis (Mātrā(s)), des rétentions de souffle (kumbhaka) et des verrouillages énergétiques puissants comme le Jālandhara Bandha.
« Ujjayi est une respiration diaphragmatique équilibrante et apaisante , qui augmente l’oxygénation et crée la chaleur interne du corps. »
Krishnamacharya
Distinctions et règles de sécurité importantes
- Jālandhara / Jālandhara Bandha : Jālandhara est le simple contrôle musculaire de la glotte utilisé en mouvement lors des āsanas. À l’inverse, Jālandhara Bandha est le grand verrou énergétique où le menton est pressé fermement contre le sternum ; il est strictement réservé aux rétentions du prāṇāyāma assis. L’appliquer en mouvement blesserait les cervicales.
- Pratique juste : Le son d’Ujjāyī doit rester intime, fluide et aérien. Il ne faut jamais forcer sur la gorge (risque d’irritation ou de toux) ni crisper les mâchoires, le visage ou les épaules.
