Drishti, le point de regard, transforme profondément la pratique des postures de yoga. Dans l’Aṣṭāṅgayoga, les yeux restent ouverts, mais ils ne regardent pas au hasard. Le regard devient une direction intérieure, un support de concentration et un chemin vers plus de stabilité.
Dans la pratique de l’Aṣṭāṅgayoga, les yeux sont ouverts. Comme lorsque l’on conduit un véhicule, que ce soit une voiture, une moto ou une bicyclette on regarde la route dans la direction où l’on va, autrement… c’est l’accident.
Le regard, dans l’Ashtanga Yoga c’est le chemin vers la plénitude…
«Oh yoguin, ne pratique pas les āsana(s) sans dhristi…»
Vāmana Ṛṣi Yoga Korunta
Drishti : concentration du regard
Drishti, c’est la concentration du regard sur un point fixe. Ce point donne une orientation à la posture et limite la dispersion. Lorsque le regard bouge sans cesse, le mental suit le même mouvement. Lorsque le regard se pose, la respiration et le corps peuvent se poser à leur tour.
Dans l’Ashtanga Yoga, chaque posture possède sa direction. Le regard accompagne le mouvement, puis se stabilise. Cette précision aide à garder l’équilibre, mais aussi à maintenir la présence dans l’effort.
Un regard ouvert, mais non dispersé
Le Drishti n’est pas une tension des yeux. Il ne s’agit pas de fixer durement un point, mais de déposer le regard. Les yeux restent ouverts, disponibles, tout en évitant de se perdre dans ce qui entoure le pratiquant.
Cette qualité est importante dans une salle de pratique. Le corps peut être tenté de regarder les autres, de se comparer, de corriger l’image extérieure de la posture. Drishti ramène l’attention vers l’expérience directe : le souffle, l’appui, le rythme, la sensation.
Le regard et la méditation en mouvement
Dans le Vinyasa, le regard participe à la continuité. Il accompagne l’inspiration, l’expiration et les transitions. À mesure que la pratique devient plus stable, Drishti permet d’entrer dans une forme de méditation en mouvement.
Le regard devient alors un fil. Il relie les āsana(s), soutient l’attention et donne une qualité plus calme à la série. Il complète la respiration ujjāyī et les Bandha(s), dans l’esprit du Tristana.
Conclusion
Drishti est simple en apparence, mais profond dans ses effets. En plaçant le regard, le pratiquant apprend à orienter son attention et à laisser la pratique devenir plus intérieure.
