Prāṇāyāma (प्राणायाम) : ce mot est un composé de prāṇa, qui signifie « force vitale » ou « énergie vitale », et de āyāma, qui signifie « allonger », « étendre », « réguler » ou « contrôler ».
Plus communément, il se réfère aux techniques de respiration qui permettent au pratiquant de contrôler, dans une certaine mesure, le rythme et l’intensité de son souffle. Ainsi, il devient possible de jouir de bienfaits physiques et mentaux spécifiques en cultivant le calme, la paix de l’esprit et la sérénité du cœur. C’est la discipline de la force de vie interne, « l’extension du prāṇa ou du souffle vital ».
La Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad, composée environ 7 siècles avant notre ère, mentionne déjà le prāṇāyāma. Plus tard, le sage Patañjali codifie cette pratique dans le célèbre Yoga Sūtra, aux versets 49 à 53 du Sādhanā Pāda. Le prāṇāyāma y est présenté comme le quatrième membre (aṅga) des huit membres de l’Aṣṭāṅgayoga.
« Tasmin sati śvāsapraśvāsayor gativicchedaḥ prāṇāyāmaḥ » (YS II, 49)
Ce sūtra célèbre définit le prāṇāyāma comme la suspension volontaire ou naturelle du flux de l’inspiration (śvāsa) et de l’expiration (praśvāsa), une fois la posture stable acquise.
Dans les versets suivants (II, 50-53), Patañjali précise que cette discipline s’articule autour de modifications de l’espace, du temps et du rythme, rendant le souffle long et subtil. Elle culmine dans un quatrième état de rétention spontanée. Les bénéfices ultimes sont clairs : la destruction du voile qui masque la lumière de notre conscience (II, 52) et la préparation optimale du mental pour l’étape suivante du yoga, la concentration profonde (dhāraṇā) (II, 53).