L’alimentation du yogi n’est pas une règle rigide : elle accompagne la pratique, l’énergie et la clarté intérieure. Cette News Letter rassemble des principes concrets pour nourrir le corps sans l’alourdir, en gardant le lien entre discipline, équilibre et écoute de soi.
Plan alimentaire et pratique du yoga
Cette « News Letter » n° 13, a été écrite en août 2014 à Mahābalipuram – Sud de l’Inde
L’alimentation, un chemin vers la plénitude…
Plan alimentaire pour un yogi…

Rappel de quelques principes généraux occidentaux
- Essentiel : le petit déjeuner
- Ne pas avoir faim ou envie de manger entre les repas
- Favoriser l’apport de protéines le matin et le midi (mais pas exclusivement)
- Favoriser l’apport de glucides le soir (mais pas exclusivement)
- Principe du double de céréale, par rapport aux légumes, midi et soir
- Si possible un potage à midi et le soir
- Ne jamais manger moins en prévision d’un repas du soir au restaurant
- Ne jamais sauter le petit déjeuner le lendemain d’un repas au restaurant
- Boire de l’eau de qualité (l’alcool – vin, bière – favorise la formation de graisse
- Les bananes, les pâtes, le riz, les pommes de terre ne font pas grossir
- Les œufs ne sont pas mauvais pour le cholestérol
- Ne vous enfermez pas dans ces règles et continuez à vivre joyeusement
Principes généraux āyurvédiques
Le mot sanskrit pour la nourriture, « annam, » désigne « ce qui surgit de la terre, produit avec de l’eau de source, le soleil et le vent. ».
Annapurna, la Déesse de la nourriture est l’un des noms de Pārvatī, la parèdre de Śiva. D’après l’Āyurvéda, l’essence de l’univers est exprimée par le biais des six saveurs incluses dans l’alimentation : le sucré, l’acide, le salé, le piquant, l’amer, et l’astringent.
L’essentiel dans l’attitude yogique concernant la nourriture et l’alimentation est la modération.

“Mangez modérément ce dont vous savez par expérience que cela est pour vous, agréable et digestible. Une nourriture simple est la meilleure.” Swami Sivananda
LES TROIS SORTES DE NOURRITURE
La nourriture préférée par chacun de nous relève aussi de trois sortes, comme le sont les sacrifices, les austérités, et la charité. Écoute maintenant la distinction entre eux. (17.07)
Les aliments qui accroissent la longévité, la vertu, la force, la santé, le bonheur, et la joie, sont savoureux, substantiels, et nutritifs. Ces aliments sont préférés par les personnes qui appartiennent au mode bonté. (17.08)
Les aliments qui sont amères, aigres, salés, très chauds, piquants, secs, et brûlants ; et qui causent la douleur, le chagrin et la maladie ; sont préférés par les personnes du mode passion. (17.09)
Les aliments que préfèrent les personnes appartenant au mode ignorance sont gâtés, sans saveurs, affadies, pourries, faites de restes, et impures (comme la viande et l’alcool). (17.10)
Bhagavad Gītā, Chapitre 17, verset de 7 à 10.

La diététique et le yoga
L’alimentation du Yogi est végétarienne. C’est une diététique alimentaire qui est très équilibrée, elle va satisfaire tous les besoins nutritionnels du pratiquant pour obtenir l’équilibre, du corps, du mental et de l’l’âme (Sri Aurobindo dirait le Supramental).
Manger une nourriture propre, correcte (biologique, non polluée), en quantité raisonnable, avec une attitude intérieure d’accueil et à une heure régulière, est un mode nutritif parfait pour un yogi. Cette nourriture va permettre de soutenir l’intensité de la sādhanā du yogi (la pratique des āsana(s), du prāṇāyāma etc.), parce qu’elle garde le corps et l’esprit éveillé.
La science du yoga a classé l’alimentation sur des bases très anciennes et la personnalise sur les attributs avec lesquels nous sommes nés : les guṇa(s). Selon ce point de vue traditionnel (Yoga, Sāṃkhya, āyurveda et les textes sacrés, comme la Bhagavad Gītā), les trois guṇa(s) sont les qualités fondamentales à la base de toute forme de vie, la Nature Originelle, la Prakṛti (प्रकृति).
Les trois guṇa(s) sont Sattva (calme, équilibre, pureté), Rajas (énergie, force, mouvement, les fluctuations émotionnelles : agitation, désir), Tamas (repos, inertie, lourdeur, obscurité).
Sattva : la vérité qui est attachée au bonheur et à la connaissance, la force d’équilibre entre Rajas et Tamis
Rajas : a deux tendances, la positive : la force active de transformation et la force négative la passion, l’agitation, l’instinct liés aux pulsions
Tamas : a aussi deux tendances, la force passive qui soutient (positif) et la force négative, l’obscurité qui procède de l’ignorance (avidyā, la non-connaissance) et qui enchaîne l’être vivant (le Jīva) à la stupidité, la paresse et l’engourdissement.
Bhagavad Gītā), chapitre quatorze

L’alimentation sattvique
Dans l’attitude sattvique de l’alimentation, le régime végétarien est composé d’aliments naturels, organiques, sans pesticides. Elle est préparée, cuite mais pas trop et consommée juste après la cuisson. Il ne suffit pas que les aliments se soient développés et aient été produits en harmonie avec la nature (culture biologique de type biodynamique) ils doivent aussi être cuisinés avec amour, avec une attitude respectueuse et de remerciement pour l’énergie de vie que cette nourriture nous transmet. Cette alimentation sattvique se digère aisément, elle entraîne un état alerte et calme, fournit de l’énergie, augmente la vitalité, la vigueur et l’endurance. Elle va favoriser et soutenir l’état de la bonne santé. Les pratiquants du yoga et les chercheurs de sagesse sur le chemin de la spiritualité suivent ce régime.

Les aliments sattviques sont une combinaison équilibrée de céréales complètes, de légumineuses, de légumes secs, de fruits et légumes frais. Cela comprend aussi les fruits secs, le lait et les produits laitiers (le beurre frais), les sucres naturels comme le jaggery et le miel, les herbes fraîches, les tisanes. Sont exclus de ce type d’alimentation : les oignons, l’ail et les champignons.

Dans les épices nous trouvons, le coriandre, le cumin, le fenouil, le fenugrec, le poivre noir, le sésame, les graines de carambole, les graines de grenade, le gingembre, le basilic, la menthe, la cardamome, la cannelle et le curcuma.
Pour les huiles nous trouvons, l’huile de sésame, l’huile de tournesol, l’huile d’olive, et l’huile de noix de coco. Évidemment toutes les huiles sont biologiques et de 1ère pression à froid.

L’alimentation Rajasique
L’alimentation rajasique est très stimulante pour le système nerveux, mais elle détruit l’équilibre corps-esprit. Ces aliments vont susciter l’agitation mentale et être la cause d’un état d’esprit négatif et émotionnel qui conduit à des troubles circulatoires et nerveux. Nous devons être attentifs au fait que même les aliments sattviques lorsqu’ils sont consommés à la hâte ou avec une mauvaise attitude vont créer un état Rajasique.

Les aliments rajasiques sont stimulants et accélèrent le métabolisme comme le café, le thé, le cola, le chocolat, le sucre raffiné, le tabac, les oignons et l’ail. On inclut les épices chaudes (piments), les saveurs aigres, les fritures, le gras, tous les aliments raffinés et les aliments avec du sel rajouté. C’est aussi une nourriture qui est mijotée pendant longtemps ou qui est cuite dans des sauces trop riches (crème, beurre).
A se rappelez, même une nourriture sattvique absorbée trop rapidement devient rajasique.
L’alimentation Tamasique
L’alimentation tamasique entraîne la lourdeur, le teint terne, l’esprit borné et la léthargie. Cette façon de se nourrir détruit la capacité du corps à résister au stress, et abaisse l’ensemble des mécanismes de défense de l’organisme.
Ce type d’aliment ne contient ni «prāṇa », ni l’l’énergie nécessaire à l’équilibre corps-esprit.
Les aliments sattviques qui ont brûlés, qui ont été réchauffés plusieurs fois ou mangés en trop grande quantité deviennent tamasiques. Le miel ne doit jamais être cuit, car après la cuisson celui-ci devient tamasique.
De même les fruits trop mûrs deviennent tamasiques.
Les aliments tamasiques sont vieux, périmés rassis, brûlés ou trop cuits. La viande, le poisson, le poulet, les œufs, les champignons, le vinaigre et les alcools sont tamasiques.

Bibliographie :
- « The Yoga Cookbook: Vegetarian Food for Body and Mind » by Sivananda Yoga Vedanta Centre (1999), Vous trouverez plus de 170 recettes qui respectent les principes infaillibles de l’alimentation yogique. Éditeur : Simon & Schuster ASIN: B00DO8O66O
- « La Bible de l’ayurvéda », de Anne Mac Intyre et Antonia Leibovici (10 septembre 2012) Éditeur : Guy Trédaniel Éditeur (10 septembre 2012) ISBN-10: 2813204889 ISBN-13: 978-2813204882
Site Web :
- http://www.compare-diet.com/ Site très intéressant
- http://www.yoga-ayurveda.be Cours de cuisine et recettes

« Quand sattva veut s’intensifier, il tente de se débarrasser de rajas en appelant à l’aide le principe tamasique d’inaction, c’est pourquoi certains types d’hommes hautement sattviques vivent intensément dans leur être intérieur mais presque pas du tout dans la vie active, ou bien y sont incompétents et sans efficacité. »
Sri Aurobindo, (dans : La synthèse des Yogas, tome III, chap. IX).
Om Shanti,
Jean Claude Garnier
Conclusion
L’alimentation du yogi cherche avant tout l’équilibre. En soutenant la pratique sans rigidité excessive, elle aide le corps à rester disponible, léger et stable.