Nāḍī (नाडी) : ce mot signifie tube, canal, vaisseau, veine, artère, tige creuse ou flûte. Dans la philosophie du Yoga, ce terme désigne les vaisseaux subtils où circule l’énergie du prāṇa, situés dans le corps énergétique (prāṇamaya kośa). Il y a dans le corps humain 72 000 nāḍī. Ils se croisent en des centres d’énergie appelésćakra(s). C’est ce que la tradition chinoise appelle les méridiens d’acupuncture.
Il y a trois nāḍī principales qui véhiculent chacune une énergie spécifique :
- Piṅgalā : l’énergie masculine et solaire, liée à la narine droite.
- Iḍā : l’énergie féminine et lunaire, liée à la narine gauche.
- Suṣumṇā (se prononce Sushumna) : la voie psychique centrale, de nature neutre, dans laquelle va monter l’énergie spirituelle, la Kuṇḍalinī.
C’est dans la Chāndogya Upaniṣad (chapitre VIII) que l’on évoque ces canaux pour la première fois dans l’histoire de l’Inde (environ VIIe siècle av. J.-C.). La description du départ de ces canaux depuis le cœur est à la fois poétique, anatomique et mystique. Le texte n’utilise pas le cœur uniquement comme un muscle, mais comme le siège de la conscience et de l’âme (Ātman), (plus précisément au chapitre VIII, section 6).