Cette suite consacrée à Tāpas approfondit la place du feu intérieur dans la voie du yoga. Dans l’Ashtanga Yoga, la chaleur n’est pas seulement une sensation corporelle : elle symbolise l’effort, la transformation et la capacité à traverser l’inertie. Elle soutient la pratique quand elle reste reliée au souffle et à l’attention.
La chaleur intérieure dans l’Ashtanga Yoga
Cette « News Letter » n° 6, a été écrite en décembre 2012 à Mahabalipuram – Inde
Suite de la News Letter, n° 5
La chaleur (tāpas – तपस्), chemin vers la plénitude…

«Oh yoguin, ne pratique pas le Yoga sans vinyāsa, qui produit tāpas…»
Vāmana Ṛṣi (devanāgarī : वामन ऋषि),
Yoga Korunta
Rappel :
Dans la pratique de l’Ashtanga yoga, on accorde beaucoup d’importance à la chaleur interne, développé par la Sādhanā (साधना) « le feu qui mène au ciel », le feu intérieur, celui de l’ascèse. L’idée sous-jacente à tout cela est que la chaleur est créatrice. Dans le yoga, l’accent est mis sur la volonté, l’effort et la discipline. Il n’y a pas d’évolution possible sans ces qualités fondamentales. L’effort produit une chaleur nommée « tapas », qui désigne l’effort ascétique en général.
Ce n’est pas uniquement l’élimination des impuretés (physiques et psychiques) qui est amené par « Tapas ». La chaleur, c’est aussi une loi de la physique : la chaleur monte. De même, le « cœur » du yogin (l’Atmā) va monter vers le ciel grâce à la chaleur produite par tapas.
L’enseignement
Il n’y a pas qu’une façon de transmettre l’Ashtanga Yoga, mais plusieurs. Sri K. Pattabhi Jois a utilisé plusieurs moyens : la « private class », le « self-practice » et le « taught-class ». Chaque manière a ses avantages et ses inconvénients.
- La « private class »
La progression est individualisée et adaptée aux possibilités réelles de la personne : bandha, force, synchronisation souffle/mouvement, intégration etc.
- Le « self practice »
Seul, ou en groupe, la personne travaille son propre rythme, sa progression et l’intégration mémorielle. Si l’enseignant ne fait pas attention, le pratiquant risque de perdre le rythme, de ne jamais rencontrer ses difficultés, et donc de ne pas les surmonter. Si le pratiquant travaille avec un « copion » de la série, il n’y aura jamais de mémorisation.
- Le « taught class »
On peut comparer le « self practice » et le « taught class » à un orchestre. Dans le « self practice » le musicien apprend sa partition, à jouer de son instrument, c’est un travail individuel. Dans le « taught class », chaque musicien va quitter son individualité pour se fondre dans la musique, dans l’œuvre musicale, dans un dépassement de lui-même.
De même le yogin va quitter son ego, va aller au-delà de lui-même, grâce au rythme pour trouver le « concert* », cette « liturgie » qui est la célébration de l’harmonie de la VIE, être avec le TOUT.
* concert : Vient du latin « certo » et du préfixe « con ». (Adverbe) certo vient de certus (« décidé, résolu, arrêté »), et con (« avec, tous ensemble, tout »).
Om Shanti,
JC Garnier
Conclusion
Le feu intérieur de Tāpas soutient la pratique lorsqu’il est nourri avec patience. Il transforme l’effort en présence, et la régularité en chemin vers la plénitude.
