Saṃsāra (संसार), en sanskrit, signifie littéralement « le flux continu », « le courant » ou « le cycle des existences ». Dans les religions de l’Inde (hindouisme, bouddhisme, jaïnisme et sikhisme), le Saṃsāra désigne le cycle perpétuel des renaissances et de la souffrance.
La transmigration étant synonyme de douleur, il est nécessaire d’y échapper en cherchant la libération finale (Mokṣa) de l’âme individuelle (Jīva) hors de ce cycle.
Composition du mot Saṃsāra en sanskrit
• Saṃ : préfixe signifiant « ensemble », « intensément » ou « complètement ».
• Sāra : dérivé de la racine verbale sṛ, qui signifie « couler », « courir » ou « se déplacer ». Le Saṃsāra est donc le fait de « couler ensemble », de dériver dans le courant des existences.
Concepts associés
• La transmigration : le passage de l’âme (ou du flux de conscience) d’un corps à un autre après la mort.
• Le Karma : la loi universelle de cause à effet où chaque action détermine la nature des vies futures.
• Le Mokṣa (ou Nirvāṇa) : la libération spirituelle définitive qui permet de sortir du Saṃsāra.
Le Saṃsāra dans l’hindouisme
Dans l’hindouisme, le Saṃsāra est perçu comme une prison, parfois dorée mais fondamentalement insatisfaisante, où l’âme subit un cycle de morts et de renaissances. Le but ultime est de briser ce cycle pour atteindre le Mokṣa.
Comment sortir du Saṃsāra ?
La libération s’obtient lorsque l’âme individuelle (Ātman) réalise son unité parfaite avec l’Absolu universel (Brahman). L’hindouisme propose quatre grandes voies (Mārga) pour y parvenir :
1. Karma Yoga : La voie de l’action désintéressée, en agissant sans attachement aux fruits de ses actes.
2. Bhakti Yoga : La voie de la dévotion spirituelle et de l’amour pur envers une divinité (Kṛṣṇa, Śiva, Devī, etc.).
3. Jñāna Yoga : La voie de la connaissance transcendantale et de l’étude des textes sacrés (Upaniṣad).
4. Rāja Yoga : La voie de la méditation profonde et du contrôle de l’esprit (les Yoga Sūtra de Patañjali).
La perspective du bouddhisme tibétain
Chez nos amis tibétains, la « Roue de la Vie » (appelée Bhavacakra en sanskrit), représentée sur les peintures traditionnelles nommées thangkas, montre visuellement les différents mondes et les mécanismes psychologiques qui maintiennent les êtres prisonniers du Saṃsāra.
Voir plus dans le glossaire : « Roue de la Vie ».