L’invocation et la prière du cœur ouvrent un espace intérieur avant même que la pratique physique ne commence. Cette lettre présente l’invocation comme un passage du temps profane vers un temps plus sacré, où le corps, le souffle et la conscience se rassemblent.
L’invocation comme rite de passage
Cette « News Letter » n° 11 a été écrite en avril 2012 à Kalamata, dans le sud de la Grèce. Des ténèbres vers la Lumière, la voie du Yoga, chemin de la prière du cœur — par Jean-Claude Garnier.

Vande gurūṇāṁ caraṇāravinde
sandarśita svātma sukhāva bodhe
niḥśreyase jaṅgalikāyamāne
saṁsāra hālāhala mohaśāntyai…
L’invocation est une attitude intérieure, un rite de passage qui va du temps profane au temps sacré. Elle cherche à produire un retournement des sens — d’ordinaire tournés vers l’extériorité — vers l’intériorité, afin d’accéder au sentiment d’unité avec soi-même. C’est un temps consacré à l’éveil de la vie intérieure dans le cœur du pratiquant.
Vers le silence intérieur
Après l’agitation du monde profane, ce temps permet de trouver « l’immobilité, le repos, le calme, le silence » — du grec hesychasmos, « être en paix, garder le silence ». Il vise la paix de l’âme.

« Dieu s’est fait homme, pour que l’homme puisse devenir Dieu. »
Athanase d’Alexandrie (298-373)

« Dès que Dieu a perçu en nous le moindre germe de bon vouloir, il verse en lui sa lumière, l’affermit et nous attire au salut, faisant grandir cette semence. » (Coll. 13, 8)
Jean Cassien
Om Shanti — Paix, Force et Joie profonde,
Jean-Claude Garnier
En résumé
L’invocation prépare le pratiquant à entrer dans une qualité d’attention plus profonde. Elle relie la pratique du corps à une présence intérieure plus vaste.