Satprem सत्प्रेम

सत्प्रेम

En sanskrit, le nom Satprem (सत्प्रेम) signifie « vrai amour », « amour de la vérité » ou « celui qui aime vraiment ». Ce nom spirituel a été donné par La Mère (Mirra Alfassa) à Bernard Enginger, écrivain français connu son le nom de Satprem, disciple de Sri Aurobindo et de Mère.

En sanskrit, le nom Satprem (सत्प्रेम) signifie « vrai amour », « amour de la vérité » ou « celui qui aime vraiment ». Ce nom spirituel a été donné par La Mère (Mirra Alfassa) à Bernard Enginger, écrivain français connu son le nom de Satprem, disciple de Sri Aurobindo et de Mère.

Le rôle de Satprem (de son vrai nom Bernard Enginger, 1923–2007) est absolument central dans l’existence même de L’Agenda. Sans lui, ce document unique n’existerait tout simplement pas.

Plus qu’un simple secrétaire, Satprem a été le témoin, le catalyseur et le confident indispensable de La Mère dans son exploration du yoga des cellules.

Voici les différentes facettes de son rôle et l’importance de sa relation avec elle :

  1. Le confident et le « cobaye » de l’expérience

La Mère ne pouvait pas parler de ses expériences physiques ultra-subtiles à n’importe qui. La plupart des gens autour d’elle venaient pour lui demander des conseils matériels ou des bénédictions.

  • Satprem, avec son esprit rebelle, exigeant et intensément occidental, posait des questions pointues.
  • La Mère l’appelait son« complice » ou son « cobaye ».
  • Pour lui faire comprendre ce qu’elle vivait, elle projetait souvent ses propres expériences cellulaires dans le corps de Satprem. Il ressentait alors physiquement dans sa propre chair les blocages ou les ouvertures que La Mère traversait.
  1. L’oreille et le magnétophone (Le scribe de l’évolution)

Pendant près de vingt ans, trois fois par semaine, Satprem s’asseyait sur le tapis aux pieds de La Mère dans sa chambre.

  • Il apportait un magnétophone mécanique (un modèle Uher) pour enregistrer sa voix directement, car elle parlait souvent d’une voix très basse, presque un murmure, en état de transe ou de concentration intense.
  • C’est lui qui posait le cadre de la discussion, relançait La Mère lorsqu’elle s’arrêtait, et l’aidait à formuler des sensations physiques inédites qui n’avaient pas encore de mots pour être décrites.
  • Après chaque entretien, il passait des heures à transcrire mot à mot les bandes audio.
  1. Le protecteur et le passeur du message

La Mère savait que ce qu’elle découvrait heurtait de front les croyances religieuses traditionnelles et les habitudes de l’Ashram. Elle a explicitement confié à Satprem la mission de préserver ce témoignage pour l’avenir de l’humanité.

  • À la mort de La Mère en 1973, Satprem a été confronté à une forte opposition de la part de la direction de l’Ashram, qui ne souhaitait pas divulguer ces conversations privées et brutes.
  • Pour sauver les bandes audio et les manuscrits, Satprem a dû quitter discrètement l’Ashram avec les enregistrements.
  • Il a ensuite fondé l’Institut de Recherches Évolutives à Paris pour publier bénévolement l’intégralité des 13 volumes de L’Agenda, permettant ainsi au monde entier d’y avoir accès.

Satprem comparait souvent son travail avec La Mère à celui de deux mineurs au fond d’un puits de mine, creusant la roche de la matière pour trouver la sortie vers un air libre. Il a également écrit une trilogie biographique sur elle, intitulée La Mère, qui sert d’introduction parfaite à la lecture des 13 tomes de l’Agenda.

Satprem (Bernard Enginger) a été profondément marqué par son passé de résistant et sa déportation, des épreuves extrêmes qui l’ont poussé vers l’Inde où il a finalement rencontré La Mère. C’est ce passé de révolte contre la barbarie et de confrontation avec le néant qui a fait de lui l’interlocuteur idéal, le « hors-la-loi », dont La Mère avait besoin pour explorer le yoga des cellules.

Le passé de résistant et l’épreuve des camps (1943–1945)

Né à Paris en 1923 mais profondément attaché à la Bretagne de son enfance, Bernard Enginger n’a que 19 ans lorsque la France est occupée.

  • L’engagement : En mai 1943, mû par un esprit de révolte face à l’injustice, il s’engage dans le réseau de Résistance français nommé « Turma-Vengeance ».
  • L’arrestation : À peine quelques mois plus tard, à l’âge de 20 ans, il est arrêté par la Gestapo.
  • La déportation: Il est déporté en Allemagne et passe un an et demi dans les camps de concentration, notamment à Mauthausen.
  • Le traumatisme: Il survit à cette horreur, mais il en sort psychologiquement dévasté, habité par un nihilisme profond et une haine des institutions. La question qui le hantera toute sa vie naît dans ces camps :
    « Qu’est-ce qui reste quand il n’y a plus rien ? ».

L’errance d’après-guerre (1945–1953)

Incapable de se réinsérer dans la vie bourgeoise ou de croire aux structures de la société d’après-guerre, il rejette la France et part à l’aventure pour fuir ses démons.

  • Il travaille brièvement en Haute-Égypte.
  • Il est nommé fonctionnaire au gouvernement de Pondichéry (alors encore un comptoir colonial français).
  • Il démissionne très vite et part vivre des aventures extrêmes : il passe un an en pleine forêt vierge en Guyane, puis voyage au Brésil et en Afrique.

La rencontre avec La Mère (1949–1953)

C’est au cours de son premier passage à Pondichéry que la première rencontre a lieu, mais elle se fera en plusieurs étapes :

  • Le premier contact (1949) : Alors qu’il est détaché à Pondichéry, il se rend au Sri Aurobindo Ashram. Il y rencontre Sri Aurobindo peu avant la mort de ce dernier, ainsi que La Mère. Le message selon lequel « l’homme est un être de transition » agit en lui comme un électrochoc. Cependant, son profil de révolté occidental et individualiste l’empêche de s’installer immédiatement. Il repart pour ses voyages à travers le monde.
  • Le retour définitif (1953) : Fatigué de son errance physique qui ne guérit pas sa blessure intérieure, il revient définitivement à Pondichéry en 1953, à l’âge de 30 ans.
  • La capitulation de l’ego : Il se met entièrement au service de La Mère, même si les premières années sont dures, remplies de doutes et de révoltes bruyantes contre la vie de l’ashram. La Mère l’affecte à l’enseignement et à la rédaction de la section française du Bulletin de l’Ashram.

C’est à cette époque qu’elle le renomme Satprem, ce qui signifie en sanskrit « Celui qui aime vraiment ». Elle avait reconnu en ce jeune homme brisé par la guerre une sincérité absolue et un refus total du mensonge social, les qualités exactes requises pour devenir le témoin de L’Agenda.

La compagne de Satprem s’appelait Sujata Nahar, née le 12 décembre 1925 à Calcutta (Kolkata), en Inde. · Elle a grandi dans un milieu culturellement très riche à Shantiniketan, imprégné par l’influence du célèbre poète indien Rabindranath Tagore. Elle s’est installée à l’Ashram de Sri Aurobindo à Pondichéry dès 1938, à l’âge de 9 ans. Elle a partagé sa vie et le travail spirituel de Satprem, pendant de nombreuses années. Elle l’a notamment assisté de façon majeure dans la transcription et la publication des 13 volumes de L’Agenda de Mère.

Jean Claude Garnier, a rencontré à plusieurs reprises Satprem à l’Institut de Recherches Évolutives à Paris

 

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