Le Ghazal

Le Ghazal, chants d'amour à résonance parfois mystique du XIIIe siècle et XVe siècle. Ils n’ont qu’un couplet et sont parfois chantés en rythme syncopé. On les retrouve dans tout le monde musulman (Inde, Perse, Asie).

Le Ghazal, chants d’amour à résonance parfois mystique du XIIIe siècle et XVe siècle. Ils n’ont qu’un couplet et sont parfois chantés en rythme syncopé. On les retrouve dans tout le monde musulman (Inde, Perse, Asie).

Le ghazal est chants d’amour à résonance parfois mystique d’origine arabe.

Né dans la poésie arabe ancienne, il s’épanouit dès le VIIIe siècle avec des figures comme al-‘Ardji ouDjamil. Adopté en Perse aux XIIIe et XIVe siècles (notamment par Hafez et Rûmî), il devient un pilier de la poésie classique en turc et en persan. Il s’implante durablement en Inde et au Pakistan à travers la langue ourdou, chanté et récité sous forme musicale.

Il exprime principalement la passion amoureuse, la mélancolie de la séparation ou la quête mystique.

Voici un célèbre exemple de ghazal mystique écrit par le grand poète persan Rûmî (XIIIe siècle), traduit en français. Dans la tradition soufie, l’amour humain est une métaphore de l’amour divin : « l’Ami » ou « l’Aimé » désigne Dieu, et l’ivresse représente l’extase spirituelle.

Ghazal de l’Union Mystique

Par Jalâl ud-Dîn Rûmî

Ô jour, lève-toi ! Brille, ô soleils, les atomes dansent !
Grâce à Lui, l’univers danse, les âmes dansent, ivres d’extase.

Je murmurerai à ton oreille où t’entraîne cette danse :
Tous les éclats de la terre et de l’air dansent pour l’Aimé.

Chaque âme, consumée par le feu de la séparation,
Cherche le visage de l’Ami, et dans cette quête, les cœurs dansent.

Ne dis pas : « Je ne suis qu’une goutte d’eau ». Devant Sa beauté,
L’océan entier s’agite, et les vagues de l’invisible dansent.

L’ivresse nous a saisis, le vin de l’éternité est versé,
Jalâl ud-Dîn s’efface, et seules Ses louanges dansent.

Clés de lecture de ce poème

  • La danse cosmique: La répétition du mot « danse » évoque le mouvement des derviches tourneurs. Pour Rûmî, tout l’univers participe à une prière perpétuelle vers le Divin.
  • Le feu de la séparation: C’est le moteur du ghazal mystique. L’âme humaine souffre d’être séparée de sa source divine et cherche la fusion.
  • Le vin et l’ivresse: Ce ne sont pas des boissons physiques, mais des symboles de la perte du contrôle de soi face à la beauté et à la présence de Dieu.
  • La signature (Takhallus): Dans le dernier vers, Rûmî cite son propre nom de plume (Jalâl ud-Dîn) pour marquer la conclusion du poème et l’effacement de son ego devant le Divin.
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