Asmitā : Provenant de asmi (« je suis ») et du suffixe –tā (qui exprime l’état ou la qualité), ce terme signifie littéralement « l’état d’être-je ». Il désigne en sanskrit le « sentiment du moi », le « je-suis-moi » ou l’égoïsme.
Dans la philosophie des Yogasūtrāṇi de Patañjali, il s’agit du deuxième des cinq kleśas (les obstacles ou afflictions sources de souffrance). Il se définit comme la fausse identification de la conscience pure avec le corps et le mental. Plus précisément, dans le Sādhana Pada (Y.S. II.6), Patañjali décrit asmitā comme la confusion entre le voyant (dṛg-śakti, la conscience pure) et l’instrument de la vision (darśana-shakti, l’intellect ou le mental).
Ahaṃkāra et Asmitā sont très proches. Dire qu’Asmitā est la « cause » d’Ahaṃkāra est inexact en philosophie du Samkhya. Les deux notions s’auto-entretiennent : Ahaṃkāra crée la structure de l’égo, tandis qu’Asmitā est l’état d’identification psychologique à celui-ci.