Mṛdaṅga (ou Mridangam ; en sanskrit मृदङ्ग), vient des termes mṛd (« terre », « argile ») et anga (« corps », « membre »). Cet instrument de musique est vieux de plus de 2 000 ans : à l’origine, les tout premiers tambours étaient façonnés en terre cuite avant d’être fabriqués dans un bloc de bois évidé. S’il puise ses racines dans les rituels sacrés, il est aujourd’hui l’instrument de percussion roi de la musique classique du Sud de l’Inde (la musique carnatique), joué tant dans les temples que sur les scènes de concert.
C’est un tambour allongé en forme de tonneau à deux faces, qui accompagne la rythmique des chants religieux, des concerts de musique classique et de la danse traditionnelle. Considéré comme l’instrument des dieux, ou Deva vaadyam, la légende raconte que Brahmā en serait le créateur, Ganeś son premier instrumentiste, et qu’Śiva et Hanumān excellent à en jouer.
Toujours considéré comme sacré, le mridangam fait l’objet d’un rituel quotidien très vivant : on le « nourrit » symboliquement en lui appliquant une pâte de riz au centre, on l’habille de tissus chamarrés, et les musiciens brûlent un bâton d’encens et font une prière de respect avant d’oser le toucher. Son apprentissage repose sur la maîtrise de sept syllabes rythmiques fondamentales, et l’instrument se décline principalement selon deux méthodes de fabrication, pour être joué en solo ou pour accompagner le chant narratif (kâlaksêpam) et la danse.