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Ashtanga Yoga News Letter 1

Cette « News Letter » n° 1, a été écrite en juillet 2012 à
Mahābalipuram – Inde

Le Yoga «chemin vers la plénitude»…

Hindu Trinity

La «Trinité hindouiste», Brahma, Vishnū, Ćiva.

Sur le chemin de l’intuition de la «non-dualité», nous essayons d’être cohérent et pourtant si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes nous savons combien c’est difficile. Par exemple, on vous demande de vous tenir droit, nous pensons et ressentons que nous sommes verticales, mais si on se regarde dans un miroir, nous allons voir que c’est une illusion, nous avons une épaule plus haute, la tête inclinée sur un côté, le bassin en rotation, un genou plié, le ventre en avant ou en arrière, plus d’appui sur un pied, etc. Bref, nous sommes tordu. Il en est de même dans la pratique posturale du Yoga «āsana» (devanāgarī : आसन). Nous avons besoin d’un regard extérieur pour nous redresser, nous détordre, nous aligner, nous verticaliser.

Lors de sa première rencontre avec Guruji (Śrī K. Pattabhi Jois), Anne a exprimé «c’est étrange, mais pour la première fois de ma vie, j’ai fait l’expérience qu’une personne étrangère à moi-même savait mieux que moi ce qui était bon pour moi… et je lui ai fait confiance…».

C’est dans cette qualité relationnelle qu’existe la transmission du Yoga. C’est une relation d’amour, sans amour on ne fait rien de valable, on ne peut atteindre le «Royaume des Cieux» pour un chrétien, ou ce que nous appelons la «Réalité Profonde» dans le Yoga.

La pratique du Yoga mālā, c’est un travail de précision (venant du latin prae-cisus), c’est-à-dire «sans scission», sans division de la respiration, du mouvement, de la concentration, du rythme etc. C’est un travail de réunification, d’unification. Les hindouistes, comme les chrétiens pourraient dire vivre l’état relationnel de la «Trinité».

Le trois n’est pas deux, deux n’est pas un… La Trinité n’est pas une dualité et la non-dualité «advaïta» (devanāgarī : अद्वैत), n’est pas l’Unité. il s’agit d’un Un articulé entre le «je» et le «tu» de nous-même, d’un UN relationnel…

«Oh yoguin, ne pratique pas le Yoga sans vinyāsa…»
Vāmana
Ṛṣi (devanāgarī : वामन ऋषि), Yoga Korunta 

Le quatrième śloka du Yoga Korunta exprime :

« Trī stanam avalokayé

Āsanam prānāyāma dristhihi »

Traduction

« Les trois points importants de la méthode sont :

La posture, la respiration et la concentration du regard. »

Commentaire de Shri K. Pattabhi Jois

La méthode du   consiste en trois points qui sont pratiqués simultanément :

  1. La posture Āsana : Le dos droit pour allonger et étirer la colonne vertébrale, pour assurer une bonne circulation du sang ;
  1. La respiration prānāyāma : La cage thoracique bien ouverte pour que la respiration soit bonne, longue et douce ;
  1. Dristhihi : La tête dans l’alignement et le regard dirigé sur l’un des neuf points de concentration pour que l’esprit soit concentré. De cette manière, dans votre pratique, vous ne serez plus troublé par ce qui se passe autour de vous ou à l’intérieur de vous.


Om Shanti,

JC Garnier

Les origines de l’Institut d’Ashtanga Yoga de Bruxelles

Après le retour d’Inde de Jean Claude où il a donné des cours à Vinōbha Bhave et Indira Gandhi à l’ashram de Pāunar, creuser avec un ami péruvien le début des fondations du Matrimondir à Auroville, l’aventure de la transmission du Yoga commence en septembre 1973 à la Maison de la Culture de Rouen (France).

Le succès est immédiat, il y a des cours tous les jours, plusieurs fois par jour dans différents lieux, à l’Université de Mt St Aignan, à l’église Ste Claire etc. Jean Claude transmet soit la technique Iyengar soit celle de Pattabhi Jois. Les séminaires ont lieu au Château d’Ernemont sur Buchy, où il vivait.

Toujours à Rouen, en 1974, il fonde le C.R.Y. (Le Centre Rouennais du Yoga) avec le Dr Louis Creyx, 264 personnes participent régulièrement aux cours du matin ou du soir.

Puis, vient la fondation du Centre Padmā à Elbeuf en 1979 pour accueillir des séminaires de formation en résidentiel. De nombreux stages sont donnés en France, en Italie, en Suisse, en Hollande etc. Depuis cette date, Jean Claude enseigne exclusivement le « Yoga korūnta » (l’Ashtanga Yoga, suivant l’enseignement de Sri K. Pattabhi Jois).

Beaucoup de séminaire ont lieu, dans le sud de France, à la Communauté de l’Arche, fondé par Lanza Del Vasto.

La vie change… Jean Claude rencontre Anne et il s’installe à Bruxelles en 1987. Il enseigne à la Maison Américaine, chaussée de Charleroi, puis rue de Glaïeuls, Uccle en 1988. Le besoin d’espace se fait sentir et l’Institut d’Ashtanga Yoga s’installe rue Jules Lejeune de 1989 à 2003. Finalement, l’Institut d’Ashtanga Yoga s’établit dans ses propres locaux avec l’aide de notre ami architecte Simon de Wrangel au 610 de la Chaussée d’Alsemberg à Uccle, une salle de Yoga conforme aux explications de Sri K. Pattabhi Jois « La salle de yoga idéale doit être bien ventilée. Ne pas ouvrir toutes les fenêtres mais seulement celles d’un même côté, situées en hauteur. Le sol bien plat, la salle doit être très propre, au rez-de-chaussée (pas en étage, ni au sous-sol car ce n’est pas bon pour la respiration), dans un endroit calme, loin des bruits environnants et loin des personnes qui ont une autre activité que le yoga ».

La réputation de l’Institut d’Ashtanga Yoga de Bruxelles se propage, des cours et des séminaires de formation sont donnés en Belgique, en Grèce sur l’île d’Andros et à Athènes et en Inde à Mahābalipuram.

L’Institut d’Ashtanga Yoga de Bruxelles a pour but de transmettre le Yoga Korūnta (plus connu sous le nom d’Ashtanga Yoga) tel qu’il était enseigné par Shri K. Pattabhi Jois à l’Ashtanga Yoga Resarch Institutes de Mysore de son vivant (Sud de l’Inde).

Aujourd’hui une très belle équipe participe à l’évolution de l’Institut qui vous propose :

  • Des cours tous les jours (Sauf durant les vacances de Noël, le seul moment où l’Institut est fermé) :
  • Cours Introduction au Yoga
  • Cours Débutant
  • Cours Première série
  • Cours Deuxième série
  • Cours Troisième série
  • Matinées intensives (3h de cours)
  • Formation de professeur en Yoga Ashtanga Yoga à Bruxelles, Grèce et Inde
  • Des sessions d’Ashtanga Yoga dans des lieux merveilleux :
  • En Grèce :
    • Athènes
    • Île d’Andros
  • En Inde :
    • Mahābalipuram, Tamil Nadu, dans le Sud de l’Inde
  • Des événements :
    • Concerts de musique traditionnelle Indienne
    • Cours de cuisine traditionnelle indienne et ayurvédique

Om Shanti

Où donner les cours de Yoga (professeur débutant)

Comment se faire connaître et avoir des élèves 

Il vous faut trouver le studio de Yoga ou l’association, qui voudra bien vous donner votre chance de faire vos preuves, ce dont je ne doute pas. Ensuite, il est nécessaire de faire venir des élèves à vos cours, et bien sur de les fidéliser. Le « bouche à oreille » en fera venir d’autres.

Vous devez garder l’esprit ouvert à toutes les opportunités qui peuvent s’offrir à vous, n’hésitez pas à franchir les portes de différents endroits où il est possible de donner des cours de yoga

  • Au sein même de grande entreprise ou organisation internationale
  • Prisons (hommes, femmes)
  • Au sein d’un centre culturel
  • Un centre sportif
  • Un SPA
  • Une association
  • Une maison communale
  • Son propre espace
  • Un espace groupé
  • Au domicile du pratiquant (élève de yoga)
  • Sur le lieu de travail du pratiquant
  • Les écoles (Yoga pour enfants)
  • Les Universités
  • Les maisons de retraites (Yoga pour personnes âgées)
  • Les Centres médico-pédagogiques
  • Les Centres d’accueil pour handicapés
  • Les Centres antidouleur
  • Les Clubs de vacances (Ex. Club Méditerranée)
  • Etc.

Dans les centres culturels ou sportifs un test d’essai ou un stage pré-emploi sont généralement proposés. Dans le cas où l’enseignant a assez de moyens, il pourra s’installer à son propre compte afin d’exercer pleinement son métier. Le travail en indépendant peut aussi se faire à domicile.

Trouvez suffisamment de cours à donner par semaine pour pouvoir gagner votre vie correctement.

Vous devez garder en tête que vous serez le plus souvent, un travailleur indépendant.

Ne vous contentez pas d’un seul endroit pour donner des cours. Au début, il faut vous diversifier, en multipliant vos possibilités vous ne serez pas tributaire d’un seul lieu.

Après quelques temps, essayez de développer votre propre « clientèle » personnelle, donnez des cours privés à domicile, dès que vous le pourrez, faites-vous un réseau. Mais n’oubliez pas que pour les cours à domicile et privés, il faut que vous fournissiez non pas 100% de vous-même mais 300%.

Le professeur de Yoga travaille soit :

  • En groupe avec plusieurs élèves, le travail en groupe se fait dans une salle aménagée pour la circonstance.
  • En cours particulier, seul avec un élève.

Femmes enceintes

Si des femmes enceintes viennent à vos cours de Yoga, tout d’abord vous devez en être informé avant le début du cours (Au début d’une grossesse, ça ne se voit pas), si vous n’avez pas les compétences nécessaires, il vaut mieux les diriger vers un cours adapté de Yoga prénatal. Si vous avez 10 étudiants dans votre cours, il sera difficile pour vous de garder un œil ouvert sur elle tout le temps (souvenez-vous, vous devez être présent pour tous vos élèves).

A préparer :

  • Curriculum vitae
  • Affiche à placer chez les commerçants. Préparez d’avance une affiche où il ne reste plus que l’adresse à imprimer, la date et l’heure de vos cours
  • Faites une conférence, une démonstration. Préparez votre sujet par écrit et apprenez-le, exercez-vous avec vos amis.
  • Publiez un article de présentation du cours de yoga dans les journaux locaux, écrivez d’avance plusieurs articles de presse
  • Avez une présence sur internet, aujourd’hui c’est indispensable.

Continuer à vous former

Autant que possible vous devez continuer à vous former, une formation de 500 heures n’est pas assez, ce n’est que le début.

Vous êtes votre meilleur élève, prenez le temps de pratiquer tous les jours, prenez le temps de prendre des cours avec un autre enseignant. Si vous ne pouvez pas, allez sur YouTube, inspirez-vous des vidéos en ligne. Ne laissez pas vos élèves en mode automatique, vous devez les surprendre, les rendre présent au présent.

Practice, Practice, Practice, every day…
Sri K. Pattabhi Jois

A propos de la Formation de professeur d’Ashtanga Yoga

Message de R. Sharath (petit-fils de Guruji)

« Dans ce monde moderne, tout est instantané. Personne n’a de patience. Tout le monde veut avoir tout le plus rapidement possible. C’est également devenu vrai pour le Yoga.  Dans de nombreux endroits, vous pouvez être certifié enseignant en 15 jours ou un mois. Toute personne arrivant en Inde pense : « Oh, je suis ici pour un mois, je devrais pouvoir obtenir un certificat d’études ». Nous recevons beaucoup d’appels téléphoniques. La semaine dernière, trois appels : un de Delhi, un d’Angleterre et un autre d’Amérique. Immédiatement ils demandent « Oh, donnez-vous des formations pour enseignants ? ». Le Yoga prend de l’ampleur mais devient fou également. Ce n’est pas le Yoga qui devient fou mais les gens qui en font quelque chose de fou.  Ils ne comprennent pas le sens du Yoga, la pureté du Yoga. Un professeur de Yoga devrait toujours maintenir la pureté de la pratique.

Vous savez, quand j’étais enfant, chaque fois que je voyais un chinois ou un japonais, je pensais qu’ils connaissaient le Karaté. Nous avions l’habitude de nous tenir à l’écart car nous pensions qu’ils connaissaient le Karaté, et ce, parce que nous avions vu « Enter the Dragon », le film de Bruce Lee. A l’époque il n’y avait pas de télévision, le seul divertissement était d’aller au cinéma pour regarder un film. Nous avons donc regardé ce film et pensions que chaque chinois ou japonais connaissait les arts martiaux.il pouvait donc nous battre et nous restions à l’écart. Aujourd’hui la même chose se passe avec le Yoga. Quiconque ressemblant à un indien et qui porte un saffron ou un lungi (habit traditionnel du sud de l’inde) devient un yogi. De nombreux yogi émergent un peu partout. Je dis cela parce que pour pratiquer le yoga, le choix du professeur est très important. Un professeur qui peut vous guider correctement, qui sait, qui pratique depuis de nombreuses années et qui émane d’une lignée de professeur. Ceci est très important.

Bhagavad-Gîta, «Le chant du Bienheureux »

Bhagavad-Gîta, «Le chant du Bienheureux »

Sharath, citations venant de la BhagavadGītā, (Ch 4, vs 1 – 2)

imam vivasvate yogaṃ proktavanahamavyayam vivasvanmanave praha manuriksvakave-bravit evam paramparapraptamimam rajarsayo viduḥ sa kaleneha mahata yogo nastah parantapa

La BhagavadGītā est un très grand et très beau livre. Il dit tout sur la pratique du yoga en dix-huit chapitres. Comment apprendre le yoga par le paramparā. Le paramparā est l’apprentissage via une lignée. Comme Krishnamacharya a appris de Ramamohan Brahmachari. Comme Pattabhi Jois a appris de Krishnamacharya. Vous savez, il s’agit d’une transmission, il ne s’agit pas d’une cabine téléphonique que vous ouvrez. Chaque rue a une cabine téléphonique. Pour un sādhaka (pratiquant) correct, il est important que sādhanā (la pratique) soit transmise d’un professeur à ses élèves. Pour qu’un professeur puisse transmettre la connaissance à ses élèves, il a d’abord à apprendre durant de nombreuses années. Il doit expérimenter en lui-même. Alors seulement il lui sera possible de transmettre la bonne méthode à ses étudiants.

Il existe aujourd’hui tellement de vidéos sur You-tube, qu’il est très difficile de différencier ce qui est du cirque de ce qui est du Yoga. Tous les yogas fous. Tous les types de Yoga stupides. Pour un rien ils se proclament Yoga, Yoga nu ! Quel est ce non-sens ? Kookoo yoga, « Hot » yoga, qu’est-ce le « Hot » yoga ? Yoga chaud, Bang yoga. Tous ces yoga(s) fous, tout devient yoga. Mais il est de notre devoir en tant que pratiquant du yoga – certains d’entre vous enseignent également – de conserver la pureté. Si nous ne conservons pas la pureté en nous, d’ici dix ou quinze ans, le yoga aura un sens différent. Le yoga est décrit de différentes façons :

  1. Union, l’union de jivātman ou âme individuelle, lorsqu’elle se connecte ou rejoint l’âme suprême, s’appelle « yoga »
  2. Le Yoga est le chemin de la libération (mokṣa)
  3. La libération elle-même est appelée « Yoga »

Il y a donc différentes définitions du Yoga, et il peut être expérimenté de différentes façons. Une fois que vous devenez Un avec le Tout, cela devient Yoga. C’est cette union que nous appelons Yoga. Donc pour le Yoga, pour pratiquer le Yoga, sādhanā (la pratique) est très importante. Si vous pratiquez un an, deux ans, trois ans vous n’atteindrez pas la profondeur du Yoga. Si vous souhaitez aller plus en profondeur… si vous vous contentez de naviguer sur la mer, cela ne s’arrêtera jamais et vous vous ennuierez. Vous vous ennuierez et vous n’apprendrez rien. Une fois que vous plongez dans la mer, une fois que vous vous enfoncez dans les profondeurs de la mer alors vous pourrez voir sa beauté… Dès que vous entrerez plus à fond dans votre pratique, vous pourrez expérimenter tellement de bonnes choses. Différentes choses, que notre pratique peut nous apporter. Cela ne peut être expérimenté que si nous avons de la dévotion, du dévouement, de la discipline et de la détermination. Les 4 D. Ils sont très importants dans notre pratique. Vous savez, les Yogis ont une vie disciplinée. Pourquoi avons-nous une vie disciplinée ? Car notre esprit ne devrait pas être « Cancala ». Cancala signifie distrait. Si je vais à une fête tard… Je vais vous dire, par exemple, tous les jours je me lève à 01 heure du matin pour pratiquer, un jour je m’ennuie et je vais à une fête… J’y vais et j’ai un conflit avec quelqu’un… Alors mon esprit devient distrait. Le jour suivant je me demande « Oh pourquoi ai-je fait cela ? » Nous ne voulons pas créer les circonstances qui nous amènent à faire ces choses… Après quinze jours je pense « Oh pourquoi ai-je fait cela ? ». Mais l’esprit du yogi, par la pratique quotidienne, jour après jour, devient plus fort en vous. Votre esprit ne reste pas assis tranquille, Il réfléchit à ce qu’est le Yoga. Ce genre de pensées devrait émerger en vous. Qu’est-ce qu’ ahiṃsā (non-violence), qu’est-ce que satya (vérité) ? Ce genre de pensées devraient émerger en vous lorsque vous pratiquer les āsana(s).

Lorsque vous pratiquez le Yoga ce genre de pensées devrait émerger en vous. A un moment elles émergent automatiquement en vous, vous commencez à penser « Oh ahimsa ». Lorsque la non-violence émerge, en tant que pratiquant, je dois la suivre et si je la suis, il n’y aura pas de conflits. Il en va de même pour chaque yama, niyama, les 10 branches (les 5 observances morale & les 5 discipline morale) supérieures se développent puissamment en nous, de plus en plus fort, alors nous avons une meilleure compréhension de notre pratique. Si nous pratiquons les asana(s) sans penser à quoique ce soit, sans avoir ce genre de pensées, cela devient juste un travail corporel comme de la gym ou soulever des poids. Quel en est l’intérêt ? Quel est l’intérêt d’un beau corps si nous n’avons pas un cœur bon ? Sans un cœur bon, la bonne pensée n’a pas d’utilité.

Donc cet āsana est le fondement de notre pratique spirituelle. Pour construire un édifice spirituel la Fondation doit d’abord être juste. Ainsi dès que vous n’êtes plus troublé par cette multitude de choses, vous n’avez plus que Pureté en vous. N’est-ce pas ? C’est cela la transformation, elle vient avec le temps si vous pratiquez avec dévouement et dévotion. « Sraddhavam labhate jnanam » – sradda– Qui a de la dévotion, de la foi en sa pratique peut atteindre la connaissance et peut prendre conscience de la pureté de notre pratique. Si vous êtes très ignorant, vous pourrez pratiquer vingt-cinq, trente ans même, sans réaliser de quoi il s’agit. Cela se limitera au physique.

Dès que vous réalisez cela, la transformation qui essaye d’advenir en vous donnera un beau sens à votre pratique. C’est un développement qui devrait advenir lentement… Lorsque nous naissons, nous fabriquons ce corps, lentement nous grandissons avec notre corps. Ainsi lorsque nous sommes bébé nous ignorons beaucoup de choses…lorsque nous sommes enfants tout est imagination. N’est-ce pas ? Tout est fantaisie lorsque nous sommes enfants. Le Yoga également démarre comme cela…mais comme vous grandissez et devenez plus sage dans votre pratique, son sens change également…Au début le Yoga n’est pas suffisamment sagesse.

Comme vous allez plus en profondeur, la pratique devient plus profonde, plus sage. Comme une plante dans le sol qui doit être nourrie correctement pour pousser. Si vous nourrissez la plante correctement, elle grandira et une fleur viendra. Si vous ne nourrissez pas les racines alors la fleur ne pourra éclore. Il en va de même pour les āsana(s), yama et nyama sont la nourriture dont notre esprit a besoin. Pratiqué comme cela, alors le Yoga grandira et fleurira en nous. C’est pour cela que ceci n’arrive pas si facilement. Pour obtenir quelque chose vous devez lâcher autre chose – ici vous laissez toutes les mauvaises choses – il y a beaucoup de choses à sacrifier… C’est cela que j’ai appris. De qui ?… Ma source d’inspiration est mon grand-père (Guruji). Chaque jour à 03h30 il psalmodiait, à 4h00 il était prêt à donner sa classe. J’ai appris en le regardant et en l’assistant durant des années.

La relation entre un guru et Siṣya est comme une relation père-fils. La même relation existait entre Krishnamacharya et Pattabhi Jois et un autre étudiant Mahadeva Bhat (camarade d’étude de Guruji). Guruji pratiquait le matin et passait à la théorie à midi chaque jour avec Krishnamacharya. De cette manière seulement le savoir peut être transmis aux étudiants. En ce monde de l’instantané plus personne n’a la patience. Tout ce qu’ils veulent c’est un morceau de papier – qu’est-ce qu’un morceau de papier, ça n’a pas d’utilité… Le vrai pratiquant de Yoga n’a cure d’être certifié. Le Yoga continue à advenir en lui et devient de plus en plus fort en lui. Je dis cela car beaucoup de personnes ont une opinion différente, une image différente du Yoga. Si vous êtes capable de sauter en arrière alors vous êtes un Yogi ! Qui peut se tenir sur les mains est un grand Yogi… Nous devons améliorer notre connaissance, notre connaissance de Yogi, notre connaissance spirituelle. Dès que nous améliorons cela en nous, nous essayons de devenir des yogi(s). De nos jours tout le monde écrit « yogi(s), yogini(s), nous donnons une soirée, venez ». Les Yogi(s) et yogini(s) ne vont jamais aux soirées…les yogi(s) veulent être silencieux, s’asseoir, être calme et pratiquer. Nous essayons toujours de devenir des yogis, des yogini(s). Toujours nous essayons d’aller dans cette direction mais nous ne l’atteignons pas encore. Certains sont très loin, d’autres plus avant. Une fois que nous avons été illuminés nous avons atteint le but. Ce que nous faisons dans cette vie continue dans la suivante ».

R. Sharath Jois

Sri K. Pattabhi Jois a expérimenté, développé et transmis l’Ashtanga Yoga

Sri K. Pattabhi Jois, est né le 26 juillet 1915, un jour de pleine lune, dans un petit village près de Somnâthpur au Karnataka en Inde du Sud. Il est décédé le 18 mai 2009, à l’âge de 94 ans.

Son père, Krishna Pattabhi Jois, était un astrologue réputé au service du Maharadjah de Mysore.

Après ses études, primaires et secondaires, il entreprend en 1930 des études de Sanskrit et de Philosophie Védique au Maharadjah Sanskrit College de Mysore. En 1937, il est diplômé, il enseigne aussitôt le sanskrit à l’Université de Mysore jusqu’en 1973. Il passe encore trois ans à enseigner au Collège Ayur Védique, et il prend alors sa retraite.

Il a commencé à étudier le Yoga dès 1927, il est âgé alors de 12 ans. Il habite alors avec ses parents dans un petit village près de Hassan « Kowshek » (Karnataka). Pendant les trois premières années, il effectue chaque jour le trajet à pieds (35 km) aller et retour, pour se rendre auprès de son Guru Sri T. Krishnamacharya qui habitait Mysore à cette époque. Il reçut l’enseignement de son maître pendant 25 ans (de 1927 à 1952). Krishnamacharya lui a demandé de transmettre une méthode de Yoga originale, appelé Yoga Korunta (plus connue aujourd’hui sous le nom d’Ashtanga Yoga). Sri K. Pattabhi Jois enseigne le Yoga en Inde depuis 1937, puis plus tard aux U.S.A et en Europe. Il a reçu des élèves du monde entier pour étudier cette merveilleuse méthode de Yoga.

Il a été le Fondateur-Directeur de l’Ashtanga Yoga Research Institute de Mysore en 1942. En 1946, il a fondé l’Institut de Recherche sur l’Ashtanga Yoga, où il a expérimenté et développé les vertus curatives du Yoga.

Il a été nommé Professeur Honoraire de Yoga au Collège Gouvernementale de Médecine Indienne à Mysore, de 1976 à 1978.

Shri K. Pattabhi Jois a été marié, avec la délicieuse Savitramma, connu sous son diminutif de Amma). Elle nous a quitté bien trop tôt en décembre 1997. Elle avait toujours un sourire, un réconfort ou une bénédiction aux lèvres et elle nous préparait un café absolument délicieux. Ce qui est moins connu c’est qu’elle avait aussi étudié et pratiqué le Yoga et les textes sacrés auprès de Shri T. Krishnamacharya, c’est aussi là qu’elle a rencontré Guruji. Elle avait 14 ans lors de son mariage, un mariage d’amour ce qui était très rare à l’époque. Ils ont eu trois enfants, deux garçons et une fille (leur fils aîné Ramesh est mort d’un accident sur le barrage de la Kâverî).

Manju Jois

Manju Jois

Manju, leur fils enseigne le Yoga à Emanitas en Californie -U.S.A.

Saraswati, leur fille vit toujours à Mysore, elle est mariée à un professeur et enseigne aussi le Yoga.

André Van Lysebeth

André Van Lysebeth

En 1964, André Van Lysebeth, le premier européen, vient étudier le Yoga Korunta à l’Ashtanga Yoga Research Institute de Mysore avec Guruji. André parle de lui et le fait connaître en faisant paraître un article élogieux qu’il écrit dans la jeune revue de l’époque « YOGA » qu’il édite.

C’est autour de 1972 que Sri Pattabhi Jois reçoit les premiers américains après le « meeting » de Manju à l’ashram de Gitananda près de Pondichéry (160 km au sud de Madras). La pratique de l’Ashtanga Yoga se diffuse en Amérique depuis la Californie, et s’étend plus tard à Hawaï. En 1975, Guruji et Manju font leur première tournée américaine, pour y transmettre le yoga. Depuis, la pratique de l’Ashtanga Yoga s’est répandue dans le monde entier.

Guruji est passé sur l’autre berge de l’existence, le 18 mai 2009 à 2h30 de l’après midi (Horaire de Mysore). 
 Guruji a enseigné de manière ininterrompue pendant 63 ans cette merveilleuse méthode qu’il a apprise dès 1927 de son Guru Sri T. Krishnamacharya.

Chidambaram offrande fleurs

Om Loka Samasta Sukhino Bhavantu, Om Shanti, Shanti, Shanti
 (Om, Puissent tous les êtres atteindre la paix et l’harmonie, Om Shanti).

Aujourd’hui, c’est son petit-fils Sharath Rangaswamy, le fils de Sarasvatî qui est Directeur de l’Institut. Il est né en 1971. II transmet l’Ashtanga Yoga qu’il a appris de son grand-père. Sharath est marié à Shruthi et il est l’heureux papa de deux enfants, une charmante petite fille qui s’appelle Shradda (Dédication), et un fils Sambhav (Relié à l’Être ou Manifestation de l’Être).

La nouvelle « Yogashala » (salle de cours de yoga) est située :

  • Ashtanga Yoga Research Institute
235, 8th Cross
2nd Main, 3rd Stage
Gokulam,
    Mysore 570 002 – 
Karnataka, South India

Astrologie Indienne (Jyotish), une aide à la prise de décision…

L’astrologie indienne fait partie des sciences auxiliaires de l’hindouisme, donc reliées aux Veda(s).

En Inde, il n’y a aucune décision importante qui ne se prenne sans consulter un astrologue. L’astrologie indienne (Jyotish) la plus ancienne est fondée sur 27 constellations lunaires (nakṣatra) et sur les passages de la Lune à proximité de celles-ci en union ou pas avec la position du Soleil.

Selon l’astrologie jyotish, nous sommes à tout moment reliés avec l’univers.

Le Maharadja de Mysore avait à son service, son propre devin/astrologue, Krishna Pattabhi Jois (le père de Guruji – Sri K. Pattabhi Jois).

 

Sri Krishna Pattabhi Jois fater of Guruji

Sri Krishna Pattabhi Jois fater of Guruji

Qu’est ce que l’astrologie indienne

Chacun connaît son « signe » en astrologie occidentale : Cancer, Lion, Sagittaire ou autre. Il s’agit en fait du signe saisonnier qu’occupait le soleil au jour de la naissance.

Le soleil, réside un mois dans chaque constellation, puisqu’il les traverse toutes les douze dans l’année. Les changements s’opèrent vers le 21 de chaque mois. Une date de naissance nous informe donc directement du « signe » appartenant à la personne.

Les choses ne sont pas aussi simples en astrologie indienne, d’abord parce que cette discipline accorde la primauté à la lune et non au soleil, ensuite parce qu’elle utilise un zodiaque dit « sidéral » : les signes de ce zodiaque se superposent aux constellations, sans subir cet inexorable décalage dû à la précession des équinoxes. Connaître son signe en astrologie indienne reviendrait plus ou moins à connaître la constellation traversée par la Lune au moment précis où l’on est né. Or, cette position lunaire ne peut se déduire simplement de la date de naissance. Il faut d’autres connaissances et d’autres moyens.

Qu’est-ce qu’un thème natal ?

C’est la représentation de l’espace, visible d’un point précis du globe, à un moment précis. En ce lieu, à cet instant, un être est venu au monde. Le schéma de son ciel de naissance est ce qu’on appelle le thème.
Le thème natal saisit, comme en un instantané, cet inextricable nœud d’énergies qui correspond à l’être nouveau-né. Car un être est un nœud d’énergies…

Il ne pourra se maintenir, continuer d’être ce qu’il est, qu’aussi longtemps que ces énergies, dans leur affrontement, demeureront en équilibre. Aucun équilibre n’étant parfaitement stable, l’être ne cessera donc pas de se transformer.

Les grands courants qui sont à l’œuvre garderont pour un temps (le temps d’une existence) leur force, leur sens, leur caractère. L’intensité et la qualité de ces énergies venues de tous les coins de l’univers, définissent à la naissance d’un individu sa nature, sa forme et son « degré dans l’être » ou, si l’on veut, son niveau de conscience.

Pour aller plus loin 

Vous pouvez recevoir une étude astrologique indienne gratuite :
http://www.yourplanets.com/ 

Je remercie profondément Monsieur Jean Dethier, pour son introduction à l’astrologie indienne. Il a eu le plaisir d’étudier en Inde avec le professeur, K. Neelakantan, récemment décédé, qui a également exercé l’astrologie auprès du Maharadja de Mysore, vers 1928.

  • Un livre d’initiation  » B A – B A de l’astrologie indienne «  de Jean Dethier, éditions Pardès
  • « L’astrologie de l’Inde », éditions Dangles
  • « ABC de l’astrologie indienne » de Denise Huat, éditions Grancher
  • « Introduction à l’étude de l’astrologie hindoue » de Denis Labouré & Jean-Claude  Laborde, éditions Traditionnelles, 1985, 32 p.